Le Communiqué

FIL D'ARIANE:
Vendredi 18 Mai 2012

Le Communiqué

Le Communiqué Final du G20 des Entrepreneurs

Signé à Nice, France, le 2 novembre 2011

 

L’Alliance des Jeunes Entrepreneurs, YEA (Young Entrepreneur Alliance), est un réseau mondial  regroupant les jeunes entrepreneurs et les organisations qui les soutiennent.  En partenariat avec le G20 politique qui s’est tenu à Cannes sous la Présidence Française, ainsi que le B20, 400 jeunes entrepreneurs se sont réunis sous l’égide de YEA à Nice, du 31 octobre au 2 novembre.

L’édition 2011 du G20 YES fait suite aux discussions  qui ont  pris naissance au  G8 de Stresa, en Italie, relayées par les rencontres du G20 à Toronto (Canada)  et Incheon (Corée du Sud) et visant à  développer des propositions concrètes à l’intention des  chefs d’Etats et de gouvernements du G20. Ces propositions visent à libérer le potentiel de la nouvelle génération d’entrepreneurs  devant mener au  renouveau économique et social dont a besoin l’ensemble des pays du G20 afin de  sortir   de la crise financière qui les mine.

YEA souhaite que les gouvernements du G20 incluent  une « Déclaration de l’Entrepreneur » dans le communiqué final du Sommet de Cannes, soulignant  que les entrepreneurs jouent  un rôle vital face aux défis auxquels sont confrontées nos économies, notamment sur  la création d’emploi et le  chômage des jeunes.

YEA propose de collaborer avec les gouvernements du G20 pour développer un Plan d’Action qui sera ratifié au prochain sommet au Mexique. Ce Plan d’Action vise à identifier les moyens  économiques, sociaux et culturels nécessaires au développement des entrepreneurs dans les pays du G20.

Les entrepreneurs, une véritable source d’innovation, de croissance et de création d’emploi

Les travaux menés par McKinsey & Cie, ainsi que le Baromètre de la confiance entrepreneuriale conçu par Ernst &Young durant la préparation du G20 YES 2011 démontrent le rôle primordial que joue l’Entrepreneur dans l’innovation, la croissance et l’emploi, particulièrement pour les jeunes.

Plus de 1000 entrepreneurs du monde entier ont été interviewés en amont du G20 YES 2011. Ils ont témoigné de leur volonté d’aider leurs pays à faire face aux défis de la croissance et de l’emploi, si leurs gouvernements étaient prêts en retour à les soutenir  face aux problèmes auxquels ils sont confrontés. Ces entrepreneurs ne réclament ni subventions ni assistance, mais plutôt des politiques gouvernementales qui facilitent leur développement.

Dans le contexte actuel de crise économique et financière, de chômage des jeunes qui menace un grand nombre des pays du G20, le besoin d’entrepreneurs comme moteur de croissance économique, d’innovation et de création d’emplois se fait plus pressant que jamais. La capacité des entrepreneurs à relever ces défis dépend cependant d’un écosystème entrepreneurial fertile, de moyens de financement adaptés aux différentes étapes du développement de l’entreprise et de leur culture qui encourage l’esprit d’entreprendre et la prise de risque. Ce soutien est   nécessaire dans la conjoncture actuelle  car la crise économique peut rendre les entrepreneurs vulnérables compte tenu de la raréfaction des financements ce qui risque de compromettre leurs perspectives de croissance.

Aller de l’avant : la voie vers une société entrepreneuriale plus robuste

Suite aux travaux – et à l’avis  clairement exprimé par les 400 entrepreneurs ayant participé au G20 YES 2011 -  nous demandons aux leaders politiques du G20 de soutenir  les trois points suivants, en mettant  les entrepreneurs en première ligne d’un renouveau économique, culturel et social :

  1. S’engager dans un processus de dialogue et de recherche continus

Les gouvernements du G20 devraient entamer immédiatement un dialogue permanent avec les organisations représentant les jeunes  entrepreneurs dans leurs pays respectifs  afin d’identifier  les problématiques communes  et de définir une orientation pour collaborer au niveau national et international. Cette collaboration devrait mettre en place une stratégie commune permettant aux deux parties de mieux comprendre leur écosystème entrepreneurial local et national, ainsi que les défis auxquels sont confrontés les jeunes entrepreneurs des pays du G20.

  1. Etudier et mettre en place  « les bonnes  pratiques » de soutien aux  entrepreneurs, afin de relever les défis dus à la croissance et à la création d’emploi

Le G20 YEA a identifié plus de 200 « best practices » qui ont été mises en place  à la fois par les gouvernements et par le secteur privé, et cela partout dans le monde. Ces pratiques fournissent une base solide sur laquelle les entrepreneurs et les gouvernements peuvent s’appuyer  afin de soutenir et encourager l’entrepreneuriat.

Ces bonnes  pratiques, identifiées et détaillées dans nos travaux, peuvent être réparties en trois catégories :

  • S’assurer que les entrepreneurs sont soutenus par des écosystèmes fertiles
  • S’assurer de la stabilité à long terme des réglementations et des politiques fiscales qui touchent les startups et les entreprises en développement.
  • Réunir toutes les parties prenantes (entrepreneurs, centre de R&D, incubateurs, consultants, grandes entreprises, enseignement, universités, formations continues et professionnelles, administration)  afin de développer et de mettre en place des stratégies d’accompagnement et de croissance ambitieuses.
  • Mesurer l’impact (en termes de résultats) par rapport aux entrepreneurs et aux politiques qui les soutiennent  et prendre les actions nécessaires pour répondre et améliorer les problématiques identifiées.
  • S’assurer que les entrepreneurs,  de la startup  à la multinationale,  aient accès au financement
  • Identifier  les véhicules de financement commun public et privé pouvant  financer toutes les étapes de la croissance entrepreneuriale, en fournissant si nécessaire des garanties et des aides appropriées.
  • Renforcer les politiques et les incitations encourageant le financement de l’innovation, de la croissance entrepreneuriale et la coopération entre les entreprises déjà en place et les nouveaux entrepreneurs.
  • Elargir d’urgence  le champ et la dynamique des marchés de capitaux dédiés au financement des entreprises innovantes et à forte croissance, dans le cadre d’un partenariat public et privé.
  • Promouvoir le développement d’une culture favorable à l’entrepreneuriat
  • Mettre en place dans l’éducation nationale des programmes qui valorisent et enseignent l’entrepreneuriat de l’école primaire à l’université.
  • Développer des programmes spécifiques et des formations continues dédiés à l’entrepreneuriat.
  • Promouvoir et soutenir l’entrepreneuriat au travers des médias et des réseaux d’entrepreneurs.
  1. La « Déclaration de l’Entrepreneur »

En complément d’un engagement à dialoguer avec les entrepreneurs, d’une poursuite d’une stratégie commune  pour  comprendre les meilleures pratiques déjà identifiées au sein des pays du G20, nous invitons les gouvernements à intégrer une Déclaration de l’Entrepreneur dans les résultats du sommet de Cannes, qui sera suivie d’un Plan d’Action que les gouvernements des pays du G20 peuvent adapter et adopter dans leurs pays respectifs.

Nous sommes convaincus que cette déclaration et les résultats qui en découlent peuvent déboucher sur des mesures et des politiques concrètes, susceptibles d’être appliquées à la fois dans les pays développés et les pays émergents.

Cette déclaration repose sur 5 principes fondateurs :

  1. Les gouvernements du G20 doivent reconnaitre le rôle socioéconomique de l’entrepreneur et l’importance d’encourager les générations futures d’entrepreneurs   à créer des emplois ;  
  2. Les gouvernements du G20 doivent s’engager à mettre en place des politiques nationales et internationales pour promouvoir l’entrepreneuriat et l’innovation ;
  3. Ces politiques devraient permettre de lever des fonds à la fois classiques et non conventionnels (épargne privée, garanties publiques, y compris des organisations multinationales…) afin d’accompagner  les entrepreneurs dans leur développement ;
  4. Il est important de reconnaitre que tous nos pays doivent faire face à des défis démographiques sans précédent. Notre besoin d’équité intergénérationnelle nous rappelle que nous n’héritons pas de la société et de l’économie de nos parents, mais que nous l’empruntons à  nos enfants ;
  5. Les mesures proposées doivent encourager l’entrepreneuriat dans  entre les pays du G20  sans pour autant provoquer des distorsions ou créer de concurrence déloyale.

Le G20 YES propose aux leaders du G20 de commencer immédiatement à développer le plan d’action de la Déclaration de l’Entrepreneur pour discussion  lors du prochain sommet du G20 au Mexique  en 2012. Dans la période intermédiaire,  chaque organisation représentant les jeunes entrepreneurs doit  commencer à collaborer avec son gouvernement et ses pairs du B20, sur la base du cadre proposé ici, afin d’arriver à des recommandations acceptables par tous.

YEA coordonnera ce processus dans l’ensemble des pays du G20, en collaboration  avec les institutions multilatérales appropriées, afin de s’assurer de la cohérence des travaux et de préparer  une déclaration de principe qui sera présentée aux leaders du G20 au Mexique. Une réunion intérimaire sera organisée en mars 2012 avec les Sherpas des pays du G20 travaillant sur le sommet du Mexique. 

***

Les jeunes entrepreneurs ont la volonté et le désir de contribuer à la prospérité et à la croissance des pays du G20. Ils ont la conviction que les leaders du G20 vont saluer les propositions soulignées dans ce communiqué comme un signal fort d’espoir pour les pays émergents et développés, ainsi que pour tous les jeunes en ce début de 21ème siècle.